BLOG Vers des Associations ... Sans Frontières ?

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www.associations-sansfrontieres.com

 

 

ven.

15

août

2014

un fossé intergénérationnel qui impacte l’entrepreneuriat et l’innovation

Un article intéressant sur le fossé intergénérationnel qui impacte l’entrepreneuriat et l’innovation : 

"La France qui innove a trente ans de moins que celle qui nous dirige", de Marc-Arthur Gauthey, entrepreneur et membre du collectif Ouishare,paru dans le Point du 2 juin 2014 http://www.lepoint.fr/technologie/la-france-qui-innove-a-trente-ans-de-moins-que-celle-qui-nous-dirige-02-06-2014-1830164_58.php


Je m’arrêterai sur ce passage : "Mais dès l'instant où entreprendre signifie innover, cela implique de remettre en question de modèles existants. Et c'est là que le bât blesse. Au cours des mois écoulés, nous avons vu les acteurs de l'innovation entrer en conflit avec un monde plus conservateur."


Effectivement, quand on entreprend et qu’on arrive avec une idée innovante, des boucliers d’une partie des anciennes générations se lèvent car certains raisonnent encore sur les anciens modèles, pensant que là où on va - quoi qu’il arrive - développer du collaboratif, du lien et des interconnexions nouvelles, de telles entreprises vont forcément « faire ce qui existe déjà » (donc vues comme « inutiles ») ou alors prendre d’office la place des « anciennes entreprises ». Mais, avec ou sans l’arrivée de ces nouvelles entreprises innovantes, un grand nombre d’anciennes entreprises (dont la plupart aux mains d’une majorité de messieurs d’un certain âge) seront de toutes façons condamnées à périr !

Alors, oui, les anciennes générations doivent aussi laisser leur juste place aux nouveaux entrepreneurs ! Il faut aussi laisser sa juste place à l’innovation des nouvelles générations !


Au lieu de confrontations stériles entre les « anciens hyper-conservateurs » et les entrepreneurs de la nouvelle génération hyper-connectée et ouverte au monde, la solution ne serait-elle pas de promouvoir et consolider les liens intergénérationnels de manière à allier la connaissance, la maturité et la distance des générations aînées au dynamisme, à l’interculturel et à l’agilité des jeunes générations ?

 

Je pense que c’est à ce prix que la « culture d’entreprendre » appelée par Marc-Arthur Gauthey, l’auteur de l’article, pourra éclore notamment en France.

 

Christèle Lafaye

http://www.associations-sansfrontieres.com/

15 aout 2014

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sam.

23

févr.

2013

VERS D’AUTRES INDICATEURS : MESURER L’UTILITE SOCIALE DES ORGANISATIONS DE L’ESS

Mots-clés : indicateurs de richesse, utilité sociale, mesure de l’utilité sociale, développement durable, cohésion sociale

 

            Les indicateurs structurent la vision du monde. Aujourd’hui et depuis toujours ils se sont essentiellement référés à des données économiques, froides, brutes, comme le PIB ou l’emploi (nombre de salariés, taux de chômage …). Patrick Viveret parle d’une «société étalonnée par la valeur marchande». Encore ces derniers temps, on entend parler de croissance, de compétitivité, de performance, dans un monde globalisé où il faut toujours aller plus vite, travailler encore plus avec de moins en moins de moyens, avec une hyper-sollicitation due à un recours abusif aux nouvelles technologies de la communication et aux écrans[1].

 

La recherche constante, dans tous les domaines, de résultat et de performance reste encore fermement ancrée dans nos sociétés actuelles et il ne fait pas bon être malade, sans logement, sans travail, sans projet, avec un handicap, faible, fatigué, voire montrer son émotion[2].

 

Avec l’apparition des récentes crises économique, sociale et environnementale, ces indicateurs traditionnels sont maintenant dépassés et ne répondent plus aux besoins et aux conceptions qui émergent dans les territoires et à ce qui importe aux citoyens. Qu’est-ce qui compte le plus pour une société de nos jours ?

 

 

            Force est de constater que d’autres richesses existent, même si elles sont difficilement appréhendables car parfois imperceptibles, qui plus est sur du long terme. On citera par exemple les richesses sociales et culturelles, environnementales, démocratiques …

 

Parmi les acteurs de l’économie sociale et solidaire (ESS), nombreux sont ceux qui produisent de telles richesses, moins visibles, voire invisibles, mais très efficaces, utiles et sociétales. On parle ainsi de l’utilité sociale des associations, des organisations de l’ESS car ces structures particulières apportent un plus qui ne se mesure pas en terme purement économiques : utilité sociale, cohésion sociale, exercice de la citoyenneté, démocratie, dynamique participative, collective, mutualisation, coopération, bien-être sociétal, solidarité, ancrage territorial, innovation sociale, …

 

La dimension politique, citoyenne et d’innovation sociale de ces organisations n’est pour l’heure pas reconnue.

 

 

            Depuis peu l’Union européenne s’intéresse aux entreprises sociales dont l’un des critères relève de la mesure de leur impact social[3].

 

Des consultants anglo-saxons travaillent sur des indicateurs depuis quelques années, avec une batterie de concepts gestionnaires et financiers … On entend ainsi parler parfois de "social return on investment" (SROI), des "social impact bonds". D’un côté l’utilité sociale maintes et maintes fois étudiée en France dans le secteur associatif[4] et des acteurs qui ne supportent pas d’être enfermés dans des normes qui sclérosent leur innovation, de l’autre l’impact social à l’anglo-saxonne qui - chiffres à l’appui et formules mathématiques complexes - prône les économies en coût réalisées par les services prestés par les «entreprises sociales» et les investissements à y développer… L’Europe devra encore couper la poire en 2 pour retenir une version européenne.

 

 

            Le ministre délégué à l’ESS, Benoit Hamon, a commandé un rapport pour juin 2013 à Philippe Frémeaux sur ces autres indicateurs des acteurs de l’ESS.

 

Dans quelle mesure peut-on valoriser autrement les actions menées par les associations, les entreprises sociales et les organisations de l’ESS ? Comment passer de mesures et visions matérielles, monétarisées, à des valorisations basées sur des indicateurs de long terme, relationnels, qui prennent en compte la plus-value sociale, politique, culturelle et sociétale, l’apport en terme de cohésion sociale, d’intelligence collective, émotionnelle, de démarche participative de citoyenneté, … tout un tas de perceptions qui relèvent de l’humain et sont parfois difficilement quantifiables ?

 

Beaucoup d’initiatives se sont développées, qu’elles viennent directement d’acteurs de terrain ou qu’elles soient pilotées par des grands cabinets peu habitués à mesurer des indicateurs qui ne trouveraient pas de valeur aux yeux d’investisseurs prêts à faire « effet de levier ».

 

Pour s’y retrouver dans toutes ces démarches, dans la page « autres indicateurs – utilité sociale » de ce site internet sont répertoriées les informations et liens sur ces autres indicateurs nouveaux, en cours d’élaboration, sur la mesure de l’utilité sociale ou de l'impact social des associations, des entreprises sociales et des organisations de l’ESS.

 

 

Christèle Lafaye

http://www.associations-sansfrontieres.com/

23 février 2013



[1] Rapport « L’enfant et les écrans », l’Académie des sciences, 17 janvier 2013 http://www.academie-sciences.fr/activite/rapport/avis0113.pdf et l’appel à vigilance de 50 experts face à l’utilisation abusive des écrans, février 2013.

[2] Quoique, entre les larmes de Barak Obama et celles de Michel Sapin, on dirait que les hommes de pouvoir commencent à accueillir et laisser parler leurs émotions en public … !

[3] Les entreprises sociales ont un objectif social/sociétal d’intérêt commun, dont les bénéfices sont principalement réinvestis dans la réalisation de cet objet social et dont le mode d’organisation ou le système de propriété reflète la mission : principes démocratiques ou participatifs ou visant la justice sociale. Communication de la Commission européenne, initiative sur l'entrepreneuriat social, 25 octobre 2011

[4] Notamment rapport du CNVA sur la reconnaissance de l’utilité sociale des associations, janvier 1997. Voir mon article « Petit manuel de décryptage des modes de reconnaissance des associations », passage sur l’utilité sociale  rubrique réalisations et réflexions

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jeu.

04

oct.

2012

3 octobre 2012 : nouvelle étude actualisée sur l'économie sociale en Europe

Le Comité économique et social européen (CESE) a communiqué le 3 octobre 2012 sur le rapport d’information sur « L’économie sociale dans l’Union européenne », une étude qu'il avait commandée et qui a été réalisée par le CIRIEC.

 

La dernière étude sur ce sujet, publiée en 2008 a donc enfin été mise à jour.

 

Belle surprise :

L’économie sociale comprend plus de 14 millions de salariés en Europe.

Entre 2002 et 2010, l'économie sociale est donc passée de 11 millions de salariés à 14 millions, soit une augmentation de 26% et tout ça en pleine crise !

 

Le résumé de ce rapport d’information indique :

- l’économie sociale est un élément clé du modèle social européen, particulièrement en temps de crise ;

- « l’indispensable définition de l’identité conceptuelle de l’économie sociale » qui « doit relever de toute urgence le défi de son invisibilité institutionnelle »

 

Le rapport devrait être publié prochainement sur le site internet du CESE.

 

Voir le communiqué de presse du 4 octobre 2012 du CESE :

http://www.eesc.europa.eu/?i=portal.fr.press-releases.24722

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sam.

26

mai

2012

L'Etat offre un ministère à l'ESS, enfin !

Il aura fallu attendre 2012 pour que l'économie sociale et solidaire (ESS) ait son propre ministère : une première en France.


L'ESS est donc officiellement liée à l'économie : enfin un pas en avant important !

 

- Nous ne sommes donc plus à part, nous faisons partie de l'économie : ça c'est une vraie reconnaissance.


- De plus, le ministre délégué à l'ESS, Benoît Hamon, parle dès les 1ers jours de la vocation de son ministère « à travailler avec les autres ministères[1] » : le ministère du redressement productif, de la vie associative, du travail et les affaires sociales : voilà, c'est bien ça, cette économie-là est en lien avec les dimensions économiques et sociales de la politique d'un pays.

 

Les acteurs de l’ESS, porteurs de cohésion et d’innovation sociale, d’une autre manière d’entreprendre, méritent une politique publique qui prenne en compte les enjeux de l’ESS, la soutienne et porte son développement.

 

Toute l'ESS a le regard rivé vers ce tout nouveau ministère que l’on suivra pas à pas et dont la feuille de route devrait être guidée par 3 missions essentielles :

1- élaborer et porter une loi de programmation et d’orientation sur l’ESS[2],

2 – suivre, anticiper et se caler avec la nouvelle vague d’entrepreneuriat social de l’Union européenne[3]

et 3- donner un nouveau souffle au secteur associatif [4] (qui, rappelons-le, représente ¾ de l’ESS en nombre de structures et de salariés).

 

A suivre donc

 

Christèle Lafaye

www.associations-sansfrontieres.com



[1] L'économie sociale, "ça marche et ça crée de l'emploi", estime Benoît Hamon, le Nouvel Observateur, 22 mai 2012 http://tempsreel.nouvelobs.com/societe/20120522.AFP6889/l-economie-sociale-ca-marche-et-ca-cree-de-l-emploi-estime-benoit-hamon.html

[2] Sans oublier la représentation des organisations patronales de l'ESS dans le dialogue social et le volet fiscal de ce secteur.

[3] Initiative sur l’entrepreneuriat social, communication de la Commission européenne du 25 octobre 2011, proposition de règlement sur le changement et l’innovation social/e du 6 octobre 2011.

[4] Interview de Benoît Hamon, RTL, 18 mai 2012. « […] dans les problèmes laissés par la majorité précédente […] il n’y a qu’à voir la façon dont le secteur associatif a été totalement étranglé »

http://www.benoithamon.fr/2012/05/benoit-hamon-ministre-delegue-a-leconomie-sociale-et-solidaire-cest-un-honneur-detre-un-ministre-de-la-republique/

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jeu.

03

mars

2011

Ma petite association connaît pas la crise ♫ ♪♪♪

 

Voici les points clés des dernières statistiques sur les associations en terme d'emploi en France :

 

Publication des statistiques de l’ACOSS : les associations en 2009 : "un secteur qui résiste à la crise", Acoss Stat N°121, février 2011*

 

Les associations :

- Représentent près de 10% de l’emploi du privé :-) 

 

- Une croissance en terme d’emplois 2 fois plus élevée que celle du secteur privé + + +

 

- Un salaire moyen par tête de seulement 1600 euros par mois (contre 2200 euros pour l’ensemble du secteur privé, soit – 600 euros par mois en moyenne) - - - (carton orange)

 

- De 2008 à 2009, l’emploi dans le secteur associatif a augmenté de 1,8 % (+ 30 000 emplois), de 2007 à 2008 + 1,6% en pleine crise où l’emploi a reculé de 2,3% sur l’ensemble du secteur privé : « la bonne teneur du secteur associatif est à signaler ».

 

* voir les publications sur le site de l'ACOSS

 

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jeu.

17

févr.

2011

Consultation généralisée ! ou quand les OSBL consultent et proposent de façon massive

 

Depuis peu poussent, comme des champignons, des démarches, des initiatives, des consultations de l'ensemble des acteurs associatifs et de l'économie sociale et solidaire (ESS), des organismes sans but lucratif (OSBL), des acteurs de la société civile.

 

La crise, la mondialisation, l'accélération exponentielle du rythme que les hommes donnent à la vie, le développement de la concurrence : tous ces phénomènes associés poussent les acteurs du secteur non lucratif à sortir de leur petits cercles et à dire au grand jour qui ils sont vraiment, ce qui les anime et où ils veulent aller.

 

On retrouve les 3 dimensions qui sont l'objet de ce site internet :

  • les associations, avec "Faire ensemble 2020", par la Fonda, www.faireensemble2020.fr/
  • l'entrepreneuriat social, avec le Mouvement des Entrepreneurs Sociaux, le Mouves, 1er Congrès le 14 octobre 2010, www.mouves.org/
  • les Etats Généraux de l'ESS, du Labo ESS, lancés le 11 octobre 2010, avec un événement du 17 au 19 juin au Palais Brongniart, www.pouruneautreeconomie.fr/

 

Les mots d'ordre de ces démarches :

consulter, mutualiser, débattre, coopérer, interagir, proposer, interpeller, faire connaître, espace collaboratif, débat public, ouvert à tous, intérêt général, société civile, ...

 

Leur objet :

- faire entendre la voix de la société civile;

- interpeller les pouvoirs publics, les décideurs;

- et proposer

 

Ces démarches tentent de répondre à la question  "Dans quelle société voulons-nous vivre et nous projeter ?" et elles émanent d'organisations de la société civile et de militants associatifs. Ce sont des collectifs d'associations qui en sont souvent à l'origine.

 

Ces mouvements traduisent la volonté :

- d'un nouveau vivre ensemble;

- de faire société autrement;

- de mettre en pratique et veiller au respect effectif de valeurs humanistes.

 

Dans ces 3 mouvements qui portent à la fois le soucis d'une rénovation nécessaire et d'une mise en avant des spécificités et des forces du secteur non lucratif, il y a l'idée de :

- faire société;

- débattre;

- et agir

 

NB : le pacte civique, citoyen et démocratique www.pacte-civique.org/wakka.php?wiki=EtatsGeneG2 va aussi dans ce sens, tout comme le pacte pour les droits et la citoyenneté www.pactecitoyen.org/ 

 

A quand une synthèse de l'ensemble des productions de ces 3 mouvements avec les 2 autres pactes complémentaires ?

 

Christèle Lafaye

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La loi sur l’économie sociale du 29 mars 2011 :

un grand pas pour l’Espagne, un petit pas pour l’Europe !

 

L’Espagne vient de se doter d’une loi sur l’économie sociale. C’est une grande première, car outre un décret wallon sur ce sujet qui date de novembre 2008, il n’y avait pas encore de texte législatif national sur l’économie sociale. Il faut dire que l’Espagne est déjà bien en avance (oui, même sur la France), car elle avait déjà intégré dans sa constitution cette économie sociale.

 

Ce que cette loi dit en substance :

L’économie sociale est constituée par les entreprises qui cherchent soit l’intérêt collectif de leurs membres, soit l’intérêt général économique et social, ou les deux. Ce cadre juridique ne se substitue pas aux cadres qui régissent les différents statuts des entreprises de l’économie sociale.

 

- Cette loi définit les 4 principes directeurs de l’économie sociale :

            - primauté des personnes et de la finalité sociale sur le capital

            - affectation des résultats en fonction du travail apporté et, le cas échéant, à la finalité sociale objet de l'entreprise

            - promotion de la solidarité interne et avec la société

            - indépendance vis-à-vis des pouvoirs publics

 

- Elle définit les entités de l’économie sociale :

les coopératives, les mutuelles, les fondations et les associations, les sociétés professionnelles, les entreprises d’insertion et les entités privées réalisant « une activité économique et d’entreprise » (empresarial), dont les règles de fonctionnement répondent aux 4 principes, et qui sont dans le registre des entités de l’économie sociale.

 

- Elle établit un registre des entités de l’économie sociale.

 

Un grand pas pour l’Espagne, un petit pas pour l’Europe !

 

 

Christèle Lafaye

www.associations-sansfrontieres.com

 

Liens vers la loi :

http://www.socialeconomy.eu.org/IMG/pdf/BOE-A-2011-5708.pdf

http://www.socialeconomy.eu.org/IMG/pdf/LEY_E_SOCIAL_TRADUCCION_FRANCES.pdf