VERS D’AUTRES INDICATEURS : MESURER L’UTILITE SOCIALE DES ORGANISATIONS DE L’ESS

Mots-clés : indicateurs de richesse, utilité sociale, mesure de l’utilité sociale, développement durable, cohésion sociale

 

            Les indicateurs structurent la vision du monde. Aujourd’hui et depuis toujours ils se sont essentiellement référés à des données économiques, froides, brutes, comme le PIB ou l’emploi (nombre de salariés, taux de chômage …). Patrick Viveret parle d’une «société étalonnée par la valeur marchande». Encore ces derniers temps, on entend parler de croissance, de compétitivité, de performance, dans un monde globalisé où il faut toujours aller plus vite, travailler encore plus avec de moins en moins de moyens, avec une hyper-sollicitation due à un recours abusif aux nouvelles technologies de la communication et aux écrans[1].

 

La recherche constante, dans tous les domaines, de résultat et de performance reste encore fermement ancrée dans nos sociétés actuelles et il ne fait pas bon être malade, sans logement, sans travail, sans projet, avec un handicap, faible, fatigué, voire montrer son émotion[2].

 

Avec l’apparition des récentes crises économique, sociale et environnementale, ces indicateurs traditionnels sont maintenant dépassés et ne répondent plus aux besoins et aux conceptions qui émergent dans les territoires et à ce qui importe aux citoyens. Qu’est-ce qui compte le plus pour une société de nos jours ?

 

 

            Force est de constater que d’autres richesses existent, même si elles sont difficilement appréhendables car parfois imperceptibles, qui plus est sur du long terme. On citera par exemple les richesses sociales et culturelles, environnementales, démocratiques …

 

Parmi les acteurs de l’économie sociale et solidaire (ESS), nombreux sont ceux qui produisent de telles richesses, moins visibles, voire invisibles, mais très efficaces, utiles et sociétales. On parle ainsi de l’utilité sociale des associations, des organisations de l’ESS car ces structures particulières apportent un plus qui ne se mesure pas en terme purement économiques : utilité sociale, cohésion sociale, exercice de la citoyenneté, démocratie, dynamique participative, collective, mutualisation, coopération, bien-être sociétal, solidarité, ancrage territorial, innovation sociale, …

 

La dimension politique, citoyenne et d’innovation sociale de ces organisations n’est pour l’heure pas reconnue.

 

 

            Depuis peu l’Union européenne s’intéresse aux entreprises sociales dont l’un des critères relève de la mesure de leur impact social[3].

 

Des consultants anglo-saxons travaillent sur des indicateurs depuis quelques années, avec une batterie de concepts gestionnaires et financiers … On entend ainsi parler parfois de "social return on investment" (SROI), des "social impact bonds". D’un côté l’utilité sociale maintes et maintes fois étudiée en France dans le secteur associatif[4] et des acteurs qui ne supportent pas d’être enfermés dans des normes qui sclérosent leur innovation, de l’autre l’impact social à l’anglo-saxonne qui - chiffres à l’appui et formules mathématiques complexes - prône les économies en coût réalisées par les services prestés par les «entreprises sociales» et les investissements à y développer… L’Europe devra encore couper la poire en 2 pour retenir une version européenne.

 

 

            Le ministre délégué à l’ESS, Benoit Hamon, a commandé un rapport pour juin 2013 à Philippe Frémeaux sur ces autres indicateurs des acteurs de l’ESS.

 

Dans quelle mesure peut-on valoriser autrement les actions menées par les associations, les entreprises sociales et les organisations de l’ESS ? Comment passer de mesures et visions matérielles, monétarisées, à des valorisations basées sur des indicateurs de long terme, relationnels, qui prennent en compte la plus-value sociale, politique, culturelle et sociétale, l’apport en terme de cohésion sociale, d’intelligence collective, émotionnelle, de démarche participative de citoyenneté, … tout un tas de perceptions qui relèvent de l’humain et sont parfois difficilement quantifiables ?

 

Beaucoup d’initiatives se sont développées, qu’elles viennent directement d’acteurs de terrain ou qu’elles soient pilotées par des grands cabinets peu habitués à mesurer des indicateurs qui ne trouveraient pas de valeur aux yeux d’investisseurs prêts à faire « effet de levier ».

 

Pour s’y retrouver dans toutes ces démarches, dans la page « autres indicateurs – utilité sociale » de ce site internet sont répertoriées les informations et liens sur ces autres indicateurs nouveaux, en cours d’élaboration, sur la mesure de l’utilité sociale ou de l'impact social des associations, des entreprises sociales et des organisations de l’ESS.

 

 

Christèle Lafaye

http://www.associations-sansfrontieres.com/

23 février 2013



[1] Rapport « L’enfant et les écrans », l’Académie des sciences, 17 janvier 2013 http://www.academie-sciences.fr/activite/rapport/avis0113.pdf et l’appel à vigilance de 50 experts face à l’utilisation abusive des écrans, février 2013.

[2] Quoique, entre les larmes de Barak Obama et celles de Michel Sapin, on dirait que les hommes de pouvoir commencent à accueillir et laisser parler leurs émotions en public … !

[3] Les entreprises sociales ont un objectif social/sociétal d’intérêt commun, dont les bénéfices sont principalement réinvestis dans la réalisation de cet objet social et dont le mode d’organisation ou le système de propriété reflète la mission : principes démocratiques ou participatifs ou visant la justice sociale. Communication de la Commission européenne, initiative sur l'entrepreneuriat social, 25 octobre 2011

[4] Notamment rapport du CNVA sur la reconnaissance de l’utilité sociale des associations, janvier 1997. Voir mon article « Petit manuel de décryptage des modes de reconnaissance des associations », passage sur l’utilité sociale  rubrique réalisations et réflexions

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Commentaires : 1
  • #1

    Dr.J.Christopher Daniel,Ph.D (samedi, 23 février 2013 21:18)

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    Dr.J.Christopher Daniel,Ph.D
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    Goodwill Social Work Centre
    No:5,South Street Extension
    Singaryar colony
    Madurai-625002
    Tamilnadu,
    India
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